Pour passer du Vietnam au Laos, à priori rien de plus simple. Blogs, guides de voyage et sites gouvernementaux nous l’avait confirmé : il existe un poste frontière au Nord du pays où l’on peut faire son visa sur place. Parfait pour nous !
Depuis Hanoï, nous prenons un bus de nuit d’une durée de 10heures pour nous rapprocher de la frontière. Nous ouvrons les yeux à 6heures du matin pour débarquer dans notre ville d’arrivée. De là, tout s’enchaine très bien : après un petit déjeuner, nous montons dans une navette pour rejoindre le Laos.
Sauf qu’une fois arrivés à la douane, les choses ne se passent pas comme prévu. Le douanier scrute nos passeports avec l’air un peu embêté et finit par nous pointer une feuille A4 scotchée sur la vitre de son bureau : « Depuis le 31 décembre 2019, ce poste frontière ne délivre plus de visas, merci de faire votre visa à l’ambassade du Laos à Hanoï, nous ne pouvons rien pour vous ».

Jonathan encore frais dans le 1er bus au départ d’Hanoï 
La petite affichette découverte au poste frontière du Laos
Sur le moment, on croit à un malentendu. L’absence de solution alternative nous paraît irréelle. Et pourtant… Rebelote : bus de nuit de 10heures pour Hanoï ; l’ambassade du Laos nous fait heureusement nos visas dans la journée ; de nouveau bus de nuit de 10heures pour retourner à la frontière. Résultat : 30heures de bus et trois nuits consécutives hors d’un véritable lit. En voyage, on se trouve des ressources inespérées.
Nous retentons notre chance à la frontière, peu rassurés car il n’y a plus tellement de place pour l’imprévu : nos visas vietnamiens expirent le lendemain. Heureusement, cette fois, nous obtenons bel et bien le droit de séjourner 30 jours en terre lao !!!

Nos efforts ont toutefois été rapidement récompensés. Nous sommes en effet arrivés dans une zone très rurale où de charmants villages s’établissent au bord de la rivière Nam Ou et au beau milieu de reliefs karstiques (marqués par l’action de l’eau sur la roche). Entre bateau, hamac, ballades et points de vue, nous avons pris du bon temps en partants à la découverte de 4 villages : Muang Khua, Muang Ngoi, Non Khiaw et Huay Xen. Si les trois premiers admettaient nombre de petits bungalows dédiés aux touristes, Huay Xen est plus reculé et authentique. Après quelques heures de marche pour y accéder, nous y avons passé la soirée et la nuit chez un habitant. L’occasion de s’immerger davantage dans la vie des habitants !

Ce qui nous surprend à notre arrivée, c’est tout d’abord le calme. Les Laotiens ne sont que 7 millions : une population dix fois inférieure au Vietnam pour une superficie quasi identique. La circulation reprend une allure normale. Plus de flux monstrueux et de klaxons à tout va. Il faut dire que les routes ne sont pas les mêmes. Les chemins de terre prennent le dessus sur les routes bétonnées et colorent l’ensemble du paysage de leur poussière orange. Le bois fait son apparition autour de petites maisons tissées, parfois sur pilotis. Entre les habitations, le linge sèche, les poules s’activent à trouver à manger, les chiens à trouver de l’ombre et les coqs entonnent déjà quelques fausses notes.
Les habitants des campagnes vivent surtout de cultures, principalement de riz et de légumes. En revanche, cela ne les occupe pas toute l’année car ils ne font qu’une moisson par an. Comme vous le voyez, en cette saison, les rizières sont complètement sèches et servent de parc pour les bœufs.
Les habitants restent dans des travaux manuels suivant une répartition différenciée des tâches entre hommes et femmes. Nous voyons les hommes partir chasser, pêcher, réparer ou construire des maisons. Les femmes s’occupent des enfants, des tâches ménagères, vont au bois ou encore s’attèlent à la couture et au tissage. Seule la recherche d’or dans la rivière semble réunir les deux sexes !
Quant aux enfants, si les classes peuvent être surchargées dans les villages, nos différents hôtes nous confirment qu’ils vont quasiment tous à l’école. L’école n’est pas gratuite mais ne coûte pas grand-chose s’agissant des petites classes. Les frais s’élèvent toutefois au fur et à mesure des années d’études.
La cour de récréation reste prise d’assaut à la fin des cours. D’ailleurs, en fin d’après-midi, on a l’impression que les villages tout entiers deviennent une cour de récréation ! A Huay Xen, nous sommes embarqués dans une partie de « Kataw ». Deux équipes de deux ou trois s’affrontent sur deux camps adverses séparés par un filet en hauteur. Ils doivent faire passer dans l’autre camp une balle en rotin d’environs 15cm après maximum trois touches. Pour se faire, ils peuvent utiliser pieds, genoux, poitrine ou tête. Bref, tout sauf les mains ! Dans notre cas, il était plus question de se défouler que de compter les points. Toutefois, ce sport très répandu aussi en Thaïlande et au Myanmar dispose d’une fédération internationale. Dans les matchs officiels, les deux premières manches se jouent en 21 points. Une troisième manche de 15 points peut venir départager deux équipes ex-aequo. Si les enfants du village s’adonnent déjà à d’impressionnantes acrobaties, on espère croiser des professionnels durant la suite de notre voyage ! En attendant, vous pouvez découvrir en vidéo la fulgurante progression de Jonathan…
Après avoir profité du calme des villages du Nord-Est du Laos, nous prenons maintenant la direction du Nord-Ouest du pays, région connue pour ses parcs nationaux hébergeant encore quelques tigres… A très vite !
















